Préface
La deuxième semaine de mai 1980 a marqué un tournant historique. Alors que l’ennemi cherchait à regagner du terrain après sa défaite lors de l’engagement de Zellaka, des affrontements de l’Oued Tighzert, de l’évacuation de Mahbes et de l’attaque d’Akka, nous étions au rendez-vous de l’histoire. En tant que chef de cellule opérationnelle au sein du 3°GLS/BLS des Forces Armées Royales (FAR), j’ai eu l’honneur d’être en première ligne de cette campagne triomphale.

Unités participantes
- 3°GLS/BLS : Déployé sur la chaîne de l’Ouarkziz, de Negueb à Touizgui.
- 8°RIM : Commandé par le Colonel Harchi, faisant mouvement de Tan-Tan vers le col de Negueb.
- 7°RIM : Unité nouvellement créée sous le commandement du Colonel Hayek (mon ancien chef de corps de 1967 à 1969). Son armement principal consistait en des chars Vulcain (canons multitubes de 20 mm) et des orgues de Staline.
- Artillerie Royale : Équipée d’obusiers de 155 mm sur châssis de chars.
- Forces Auxiliaires (GMM) : Déployées dans le secteur d’Assa.
Missions principales
- RIM : Progression offensive depuis Negueb vers Zag.
- 3°GLS et GMM : Opérer au sud de Khang Labraber pour neutraliser toute tentative ennemie en provenance de Foum Laachar.
- Appui aérien : Couverture assurée par les Mirage F1 et F5.
Déroulement des opérations militaires
L’offensive a été déclenchée le 14 mai 1980, avant l’aube. Le 7°RIM a mené la marche de Negueb vers Zag, soutenu en retrait par le 8°RIM. Parallèlement, le 3°GLS et le 12°GMM ont progressé de Khang Labraber et Oued Tighzart vers l’est, jusqu’à Touizgui.
Globalement, l’ennemi n’a opposé aucune riposte immédiate. Les unités adverses avaient dissimulé leurs véhicules, moteurs éteints, pour échapper à la détection des radars aériens.
Faits marquants et observations
D’après les rapports de terrain :
- Certains éléments précurseurs du 7°RIM sont tombés dans une embuscade. Nous y avons perdu un opérateur radio, tombé en martyr (que Dieu l’ait en sa sainte miséricorde). Cependant, la riposte a surpris l’ennemi, lui infligeant des pertes.
- Nos combattants ont repéré plusieurs véhicules camouflés sous la végétation. Si nos radars terrestres (postés sur les hauteurs de Negueb) et ceux des C-130 ne détectaient rien au repos, le mouvement fut décelé dès que les ennemis ont mis leurs moteurs en marche à l’approche de nos colonnes. Cette détection a permis de diriger avec précision les frappes aériennes et les tirs d’obusiers de 155 mm sur les objectifs.
Issue de l’opération
Une seule matinée aura suffi pour atteindre tous les objectifs fixés. Le lendemain, par mesure de sécurité, les populations civiles de Zag ont été évacuées vers Assa et Guelmim